DE L’IDÉE À LA RÉALITÉ

Le projet de « lieu citoyen », renommé rapidement « Maison Citoyenne », est né en 2014 grâce à une opportunité développée par l’association Éco-Quartier Strasbourg. 

La Société d’aménagement et d’Équipement de la Région de Strasbourg (SERS) prévoyait la démolition d’une petite maison inoccupée située sur un terrain inconstructible à l’entrée du quartier de Neudorf.. 

Lors d’un échange informel entre la SERS et l’associaition Ecoquartier Strasbourg, il est convenu que l’association puisse chercher à lui donner une nouvelle vie.

Micro-trottoir, réunions publiques,… rapidement, un premier collectif d’habitants se forme et s’organise avec l’aide d’Ecoquartier Strasbourg : Groupe Chantier, Groupe financement, groupe Communication, groupe gouvernance, etc…

Car l’envie et la demande sont bien là. Habitants comme associations locales sont en attente d’un local accessible à tous où pouvoir travailler, fêter, partager, se rencontrer. Le concept de la Maison Citoyenne est planté : ce sera un lieu de rencontres locales et incubateur de nouvelles initiatives citoyennes – un endroit où les personnes qui souhaitent se lancer dans des projets pourront trouver un public et des conseils.

Cependant, des considérations matérielles viennent ralentir l’élan du collectif. L’état des lieux, réalisé par les bénévoles, avec l’aide d’experts et d’artisans, révèle progressivement un bâtiment vétuste, en particulier ses soubassements, abîmés par les années et l’imperméabilisation du sol. Impossible d’accueillir le public dans ces conditions !

Plusieurs années suivent pour solliciter des financements, pour se faire connaître  auprès du public, pour concevoir la rénovation et les différents espaces, pour penser la gouvernance à venir … Plusieurs années qui nous ont permis, enfin, de créer l’association 

« La Maison Citoyenne » en mai 2018 et d’ouvrir la maison au grand public lors du printemps 2019.

UN SAUT DANS LE TEMPS

Le bâtiment est l’une des dernières traces de l’histoire de ce quartier en mutation : c’est l’ancienne habitation du gardien des manufactures de l’Oeuvre de Notre-Dame, installées sur cet îlot urbain jusqu’au milieu du XXème siècle. Leur présence a laissé quelques traces autour de la Maison, notamment les murets de grès qui délimitent la petite zone boisée rue du Grand Couronné et les petits piliers à l’entrée de la maison.

Une des ambitions du collectif de bénévoles est notamment de développer une « Mémoire du lieu », avec photos d’époque, témoignages d’habitants et éventuellement expositions et évènements.

UN PROJET DE RÉHABILITATION AMBITIEUX

Des problèmes structurels ont rapidement été découverts après que la SERS ait confié la maison au collectif. Les travaux lourds nécessaires à la mise aux normes de la maison nous ont engagés sur un projet ambitieux et complet de réhabilitation, sur le plan structurel, architectural et énergétique.

Après une consultation, le collectif a retenu l’architecte Olivier Hangen (ATOLH Architectures) pour une mission complète de réhabilitation : conception, dépôt du permis de construire, consultation des entreprises, suivi des travaux. Des réunions régulières, animées par le professionnalisme de notre architecte et la vive attention de nos bénévoles du groupe chantier ont permis à Olivier de traduire nos envies et nos multiples idées en un projet concret.
Contact :
Olivier Hangen – Atolh Architectures
2 rue de Gribeauval
67100 Strasbourg

Au-delà de la reprise des soubassements, la structure de la maison a dû être renforcée et contre-ventée afin de pouvoir abattre les cloisons porteuses intérieures – et ainsi réaménager l’espace intérieur à notre guise.

Ces travaux ont été l’occasion de mettre le local aux normes de sécurité et d’accessibilité adaptées. Une rampe extérieure permet désormais l’accès au rez-de-chaussée pour les personnes à mobilité réduite.

Enfin, un des aspects tenant à cœur tant à nos bénévoles qu’à Éco-Quartier Strasbourg était la réhabilitation énergétique du bâtiment. Une bonne isolation posée avec soin garantit la durabilité du bâtiment. L’utilisation de matériaux biosourcés et des techniques peu gourmandes en carbone nous paraissant essentielle, nous avons donc choisi d’investir un peu plus, en cohérence avec nos valeurs écologiques.

Les murs intérieurs nord, est et sud sont doublés avec une épaisseur conséquente de fibre de bois ainsi qu’une membrane frein-vapeur, de même que les combles, grâce à la technique du sarking qui consiste à ajouter une couche d’isolant par-dessus la charpente – sachez que c’est par la toiture que les déperditions de chaleur sont majoritaires !

L’isolation du mur ouest a été le clou du spectacle, avec l’organisation d’un grand chantier participatif qui a attiré plus de 70 bénévoles en 2 jours, enthousiasmés par la technique choisie : la façade a été entièrement isolée en bottes de paille !

Cet évènement a permis de faire découvrir au grand public ce matériau local à faible empreinte carbone, ainsi qu’une technique accessible à tous.